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Déclaration à l'occasion de la journée mondiale de la femme 2017

08 Mar 2017

Journée internationale de la femme 2017

Déclaration de l'Alliance coopérative internationale

"Les femmes dans un monde du travail en évolution: Vers une planète 50-50 en 2030"

 

 

Dans le monde du travail subsistent des larges disparités, et des disparités entre les sexes. Les femmes continuent à reçevoir des possibilités d'emploi différentes des hommes, et sont traitées et évaluées différemment sur le lieu de travail, partout dans le monde.

Aujourd'hui, les organisations internationales nous montrent des chiffres vraiment inquiétants. Les femmes représentent moins de la moitié de la population active. Leur taux d'emploi représente moins de 40% de la population active totale dans le monde. 

Les chances pour les femmes de participer au marché du travail restent près de 27% inférieures à celles des hommes. Les femmes sont plus susceptibles d'être au chômage, avec des taux de chômage de 6,2 pour cent comparé à 5,5 pour cent pour les hommes. L'écart salarial est estimé à 23 pour cent, ce qui signifie que les femmes gagnent 77 pour cent de ce que les hommes gagnent.

La pauvreté continue de toucher davantage de femmes que d'hommes. Leur charge globale de travail, leur participation au marché du travail, le taux de chômage des femmes est plus élevé et elles sont plus présentes dans l'économie informelle. Les femmes ont moins souvent accès à la sécurité sociale et elles sont surreprésentées dans les secteurs à basse productivité, statut et revenu.

La qualité des postes d'emploi pour femmes demeure un défi, et il en va de même pour l'emploi formel que pour l'emploi informel. Bien que la moitié des femmes gagnent un salaire, cela ne signifie pas des emplois de meilleure qualité. En fait, il s'avère que 40% des travailleuses formelles ne contribuent pas aux systèmes de sécurité sociale dans leur pays.

Une préoccupation majeure de l'Alliance coopérative internationale (l'Alliance) concerne les domaines de discrimination nouveaux ou non visibles, tels que la «féminisation» des femmes migrantes ou la discrimination fondée sur le statut d'immigrant, y compris le harcèlement, l'exploitation, la sécurité sociale et la rémunération très basse.

D'autres domaines méritant une attention particulière sont la faible participation des femmes aux conventions collectives. Le taux de chômage croissant chez les jeunes femmes et la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle entraînent des harcèlements au travail et des écarts de salaires allant de 3 à 30%. 

En outre, il est important de se pencher sur le nombre de retraitées qui reçoivent une pension de 10,6 pour cent inférieure à celui des hommes - démontrant que près de 65 pour cent des personnes au-dessus de l'âge de la retraite ne recevant pas une pension régulière sont des femmes.

Dans un monde où la mobilité géographique, les réseaux informatiques, le télétravail, les réseaux sociaux et les nouveaux modèles commerciaux remettent en cause les structures traditionnelles et l'entrepreneuriat, l'autonomisation des femmes et l'accès à une éducation adaptée pour femmes et filles est crucial. 

Nous devons les aider à se préparer à un monde nouveau, en veillant à ce que les innovations, loin de créer de nouvelles lacunes et des raisons de discrimination, soient de nouvelles voies pour une intégration différente des femmes dans l'industrie de l'emploi. Le défi que ceci représente devient encore plus grand, lorsque nous prenons en compte une diminution de l'emploi de 5 à 7 millions de postes d'ici 2020.

Un autre phénomène, qui est à la base de plusieurs types de discrimination, sont les stéréotypes de genre et les attentes de la société vis à vis des rôles que les femmes doivent assumer. Ceci est une grande préoccupation pour l'Alliance, car ces stéréotypes  touchent à la perception du vieillissement, à l'organisation sociale et aux modèles culturels.

Loin d'une vision romantique, nous misons collectivement sur une société qui valorise le bien-être et le bonheur, plus que l'économique et financier. Par conséquence, et à la base de tous nos actes, doit se trouver le maintien et le rétablissement de la vie professionnelle comme familiale.

Une condition de base est toujours l'éducation, le principe des principes dans une philosophie coopérative. Aujourd'hui, 62 millions de filles dans le monde, âgées de 5 à 15 ans, ne fréquentent pas l'école ou accusent un retard dans leurs études secondaires.

D'autres agences internationales ont averti que si ces tendances actuelles l'emportent, il faudra plus de 70 ans pour combler complètement l'inégalité des salaires entre les sexes. 

Ceci ne dépend pas seulement des niveaux de croissance économique. Il est impératif que nous transformions les milieux sociaux et le travail pour les femmes afin d'atteindre une planète 50-50 d'ici 2030. Ceci est une condition sine qua non pour la réalisation des Objectifs de développement durable.

En commémoration de la Journée internationale de la femme, l'Alliance coopérative internationale demande au mouvement  coopératif du monde entier, de soutenir les Objectifs de développement durable et de maintenir notre adhésion aux principes et valeurs coopératifs dans le monde du travail. 

La collaboration entre les coopératives à l'appui de ces objectifs est vitale, ainsi qu'une alliance stratégique avec les gouvernements et les autres secteurs du développement.

María Eugenia Pérez Zea

 

Présidente du Comité de l'égalité entre les sexes