Image : Alessandra Stråberg, Économiste en chef, Länsförsäkringar
L'innovation gagne du terrain au plus haut niveau du mouvement coopératif mondial et offre des perspectives pour transformer la façon dont chaque coopérative et chaque mutuelle exerce son activité aux quatre coins du globe. Lors du premier Sommet des leaders de CM50, qui s'est tenu à Bruxelles fin juin, 80 PDG et dirigeants visionnaires de 28 pays des cinq continents se sont réunis avec un objectif audacieux à l'esprit : construire la nouvelle économie mondiale. Le chiffre d'affaires total de ce groupe représente environ 500 milliards d'USD, ce qui constitue un levier financier puissant pour donner aux coopératives les moyens d'atteindre des objectifs encore plus ambitieux.
Bénéficiant de l'appui de l'Alliance Coopérative Internationale (ACI), le Cercle des dirigeants des coopératives et des mutuelles (CM50) regroupe les dirigeants des plus grandes coopératives et mutuelles au niveau mondial. CM50 a été présenté en novembre 2025 lors du Sommet social mondial organisé à Doha, au Qatar, et son premier sommet a été marqué par la résolution à long terme des dirigeants du mouvement à mettre les coopératives au premier plan des efforts visant à bâtir une économie mondiale plus inclusive, plus résiliente et plus durable. Le groupe ambitionne de pratiquement doubler le chiffre d'affaires des coopératives et des mutuelles au niveau mondial, soit bondir de 2 700 milliards à 5 000 milliards d'USD par an.
« Le mouvement coopératif mondial ouvre un nouveau chapitre important », a déclaré M. Jeroen Douglas, Directeur de l'ACI et coprésident de l'initiative CM50. « Lorsqu'ils se réunissent – et l'énergie dans la salle l'a montré –, les dirigeants de coopératives ne se contentent pas de paroles sur nos ambitions futures et passent à l'action. Ils sont les architectes de la nouvelle économie mondiale. »
M. Shaun Tarbuck, qui partage la présidence avec M. Douglas, a noté que l'initiative CM50 offrait notamment une proposition de valeur importante aux dirigeants de coopératives et de mutuelles : en travaillant ensemble de manière étroite et en faisant gagner de l'ampleur aux projets sur les plans des marchés, des capitaux, des plateformes numériques et des systèmes alimentaires, on ne fait pas que développer son activité. Grâce à l'approfondissement de ces relations, on améliore en fin de course le sort des familles et des groupes de populations auprès desquels on intervient chaque jour au niveau local. »
Cinq engagements ambitieux pour le mouvement
Le Sommet a accordé une place centrale à cinq grands engagements concrets visant à créer un écosystème numérique et social coopératif :
- Un marché numérique coopératif : construire une plateforme utilisée chaque jour par 150 000 entreprises.
- Une infrastructure « Cloud Coop » : créer un bien commun numérique coopératif utilisé chaque jour par au moins 100 000 entreprises.
- Santé mondiale : faire adopter un régime alimentaire sain et durable à 500 millions de personnes afin de protéger l'être humain et la planète.
- Leadership pérenne : former les 4 000 prochains dirigeants de coopératives au plus haut niveau en construisant une infrastructure universitaire mondiale de premier ordre.
- Reconstruction post-crise : déployer les capacités du mouvement à aider les populations locales et les pays à se relever après une crise dans cinq grands contextes mondiaux.
Ces engagements feront appel à la participation concrète des membres de tous horizons géographiques et sectoriels.
Les membres ont présenté des innovations et fait part de la résilience qui a déjà cours dans le mouvement coopératif, ce qui constitue l'un des principaux aspects les plus encourageants du Sommet des leaders de CM50. Lors de ces deux journées, les dirigeants ont fait part d'exemples qui démontrent la grande force des coopératives et donnent des idées concrètes pour changer d'échelle : en Inde, Amul élargit son champ d'action géographique avec son modèle ; en Éthiopie, l’OFCU (Oromia Coffee Farmers’ Cooperative Union) a fixé des tarifs plus élevés fondés sur une production agricole certifiée ; en Allemagne, une coopérative de fourniture d'énergie locale finance un projet de construction de toit de stade de football grâce aux revenus tirés des panneaux solaires ; au Brésil, Coopercitrus a mis en évidence les bénéfices des infrastructures de commerce coopératif de grande envergure qui accordent la priorité à la détention de la propriété de l'entreprise par ses membres plutôt qu'à l'extraction de valeur des investisseurs.
La réussite de CM50 dépend avant tout de son adaptation au contexte mondial dans lequel il s'inscrit. Comme l'ont indiqué les principaux intervenants lors du Sommet, ce monde est en profonde mutation.
Dans son allocution d'ouverture, Mme Alessandra Stråberg, Économiste en chef de Länsförsäkringar (un groupe suédois de premier plan regroupant 23 compagnies indépendantes d'assurance et de produits et de services bancaires qui sont détenues par leurs clients), a exposé les étapes de ces évolutions mondiales – de la mondialisation et la coopération jusqu'au nationalisme, au protectionnisme et aux conflits – et expliqué que d'autres facteurs sous-jacents à ces dimensions géopolitiques – changement climatique, transformation démographique et IA – contribuaient à la transformation du monde. Dans son appel à l'action, elle a invité à ne plus se concentrer sur ce que l'on ne peut pas contrôler et à axer ses efforts sur ce que l'on peut contrôler et à continuer d'évoluer. Selon elle, la croissance est le meilleur levier anti-crise des coopératives.
M. Kristof De Spiegeleer, PDG d'OurWorld et directeur technique de CM50, a prononcé l'allocution de clôture du Sommet en reprenant cet argument et en l'inscrivant dans son contexte numérique. Il a déclaré que nous vivons une révolution liée à l'IA et qu'il ne s'agit pas de se demander si cette révolution va se produire, mais si les coopératives joueront un rôle passif ou actif. L'intelligence collective augmentée, la souveraineté des données et l'appropriation sont essentielles. Ils ont tous deux plaidé en faveur de l'appropriation à long terme, de la gouvernance démocratique et d'un détachement du modèle de gestion centré sur les profits, ce que Mme Stråberg a qualifié de « capitalisme de la résilience ».
Dans ce monde en pleine mutation, les coopératives et les mutuelles devront innover et collaborer : CM50 est un moteur conçu pour faire avancer l'ensemble du mouvement coopératif dans une perspective d'avenir fondé sur l'adoption de technologies de pointe et un niveau d'intégration important.
Quel peut être le rôle de votre coopérative ?
Les innovations, les marchés numériques et les outils de données de CM50 seront en définitive mis à profit par les coopératives de toutes tailles. Pour veiller à ce que votre coopérative soit partie prenante et s'adapte directement à ces profondes évolutions, invitez votre dirigeant à se pencher sur l'initiative CM50, à mettre tout son poids en faveur de la concrétisation de ces objectifs et à mettre les atouts exceptionnels de votre coopérative au service des efforts décisifs de ce groupe international. Ensemble, nous œuvrons à l'avènement d'un avenir où les coopératives seront valorisées à hauteur de 5 000 milliards de dollars.
Pour plus d’informations sur l’initiative, veuillez consulter le site web CM50.coop.